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Histoire d'Israël - Terminologie et dates clé


Le terme « Palestine » fut privilégié par les Romains qui, après la révolte de Bar Kokhba vaincu par l'empereur Hadrien, sont désireux d'annihiler toute trace de vie juive au sein de cette partie du monde.

Ce nom renvoie à celui d'un peuple dont la Bible place la capitale à Gaza et dont elle fait un ennemi permanent des Hébreux, les Philistins.

Par la même occasion, les romains en 135 rebaptisent Jérusalem en Aelia capitolina.

L' usage géographique du terme désignait des territoires à l'Ouest et à l'Est du Jourdain.

Plus tard, le terme arabe (« Filastin ») désignait, de la conquête arabe jusqu'aux Croisades, une partie de la Palestine romaine que les Romains appelaient Palaestina Prima.

Après les Croisades, les Empires mamelouk et ottoman n'utilisaient pas le nom "Palestine" dans aucune forme, mais après la Première Guerre mondiale, les Puissances principales alliées ont appliqué le nom au territoire du Foyer national juif (San Remo, 1920) sous Mandat britannique.

Le nom « Palestine » perdure, même s'il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécialement après la création de l'État d'Israël en 1948.

Certains Israéliens et/ou Juifs perçoivent dans l'utilisation du terme « Palestine » un déni de l'existence effective de l'État d'Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre. Le fait de désigner par « Palestine » un éventuel futur État arabe sur les territoires palestiniens occupés accroît pour eux cette confusion.

Toutefois, la partie arabe continue d'appeler Palestine soit la région dans son intégralité, soit seulement la bande de Gaza et la Cisjordanie, tandis que le terme « Palestiniens » est adopté pour désigner les descendants des habitants de Palestine avant le début du conflit israélo-arabe, y compris souvent les habitants arabes de citoyenneté israélienne et les Juifs qui descendent des familles qui habitaient en Palestine bien avant les immigrations juives duxxe siècle (comme les Samaritains, les résidents juifs de Péki'in).

En archéologie, on emploie le mot « Palestine » pour désigner l'ensemble de la région, indépendamment de l'époque que l'on considère (néolithique, âges du bronze, âges du fer). On emploie, avec le même sens, le mot « Palestiniens » pour désigner l'ensemble des populations de la région. On parle donc, en archéologie, de Syrie et de Palestine, de Syriens et de Palestiniens.

L'historien Felix Abel, père dominicain à l'École Biblique de Jérusalem, écrit que le nom Palestine s'est étendu à l'époque d’Hérodote de la bande côtière habitée par les Philistins au pays habité par les Juifs "Donc du territoire des Philistins, le nom de Palestine s'est étendu à tout l'arrière pays qui forme la Syrie Méridionale. Par un procédé familier aux anciens on appliquait au pays entier le nom de la peuplade la plus proche et la plus accessible..." C'est-à-dire que le nom Palestine était utilisé tout d'abord par des gens venant de l'Occident, par les Grecs.

Extension du royaume de David selon l'hypothèse « maximaliste ».

Noms et dates :

Le nom « Palestine » dérivé de celui des Philistins vient de l`hébreu ``peleshet``(פלשת) qui signifie ``envahisseurs``, peuple qui a vécu sur une partie de la bande côtière de la Méditerranée du sud-est, entre la fin de l'âge du bronze et le début de l'âge du fer.

Les Philistins sont mal connus, car ils n'utilisaient pas l'écriture.

On dispose de références à ce peuple dans des documents égyptiens (qui en font l'un des « Peuples de la mer » envahisseurs de l'Égypte sous Ramsès III) et désigne par « Peleset » (P-l-s-t) la région qu'ils habitent.

Les Philistins et leur pays « Peleshet » (פלשת Pəléšeth) sont également mentionnés dans la Bible (qui parle aussi de « Cananéens » à la fois antérieurs et voisins par rapport aux « Philistins ») : selon le texte, les Hébreux étaient régulièrement en guerre avec ce peuple dont les principales villes étaient Ashdod, Ashkelon, Ekron, Gath et Gaza.

Toutefois le mot « Palestine » n'apparaît jamais dans la Bible (qu'il s'agisse de l'Ancien ou du Nouveau Testament).

Dans les textes non bibliques, le terme de « Palestine » (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Hérodote, auve siècle av. J.-C. (Histoires, 1,105 ; 2,104 ; etc.).

Ptolémée et, plus tard, en latin, Pline l'Ancien, parlent également de « Palestine », toujours lié au terme « Syrie ».

Sous la domination romaine, la deuxième révolte juive (132-135) aboutit à l'expulsion des Juifs de Jérusalem par Hadrien. Jérusalem est nommée « Aelia Capitolina » et la région est intégrée dans la province de « Syrie Palestine » (Syria Palæstina), nouvelle dénomination, calquée sur le grec, de ce qui était auparavant appelé en latin Syria Judaea (« Syrie Judée » ou « Syrie juive »). Parmi ceux qui préfèrent le nom Israël pour appeler cette terre, certains dénoncent donc l'utilisation du terme « Palestine » en référence aux Philistins comme un faux historique.

La référence biblique ne mentionne en effet « Peleshet » que lors des guerres entre Hébreux et Philistins, peuple habitant la zone côtière entre les actuelles Tel-Aviv et Gaza.

Le terme n'est jamais utilisé pour l'ensemble de la terre entre le fleuve et la mer qui est connue comme « Pays de Canaan » puis « Eretz Israel ».

L'utilisation du mot « Palestine » pour désigner l'ensemble de la région viendrait donc surtout des Romains, qui rappelèrent le nom des Philistins pour baptiser cette terre « Syria Palæstina », dans le but d'effacer même dans le nom le souvenir des Juifs et des États juifs qui s'y étaient succédé.

Vers 390, le terme de « Palestine » est réutilisé pour nommer les trois subdivisions administratives du territoire de la Palestine

La Palestine première (Palaestina Prima) a pour chef-lieu Césarée et comprend la Judée, la Samarie, la Pérée, et la côte méditerranéenne.

La Palestine seconde (Palaestina Secunda) a pour chef-lieu Scythopolis et comprend la Galilée, la basse plaine de Jezréel, la vallée du Jourdain à l'est de la Galilée, et l'ouest de la Décapole ;

La Palestine troisième (Palaestina Tertia) a pour chef-lieu Pétra et comprend le Néguev, le sud de la Jordanie (détaché de la province d'Arabie), et l'est du Sinaï.

Le 29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine élaboré par l’UNSCOP est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU, à New York par le vote de la résolution 181.

Ce plan prévoit la partition de la Palestine mandataire en trois entités, avec la création d’un État juif et d’un État arabe, Jérusalem et sa proche banlieue étant placées sous contrôle international en tant que corpus separatum.

La partie I du plan prévoyait les dispositions vis-à-vis de la fin du mandat, du partage et de l’indépendance des entités et que le mandat se terminerait aussi vite que possible.

Les Britanniques devaient se retirer de la Palestine mandataire d'ici le 1er août 1948, le partage devant être officialisé d'ici octobre 1948.

Il visait à régler le conflit et satisfaire les revendications du nationalisme arabe palestinien et du nationalisme juif palestinien, le Sionisme.

La partie II du plan incluait une description détaillée des frontières proposées pour chaque État.

Le plan a été accepté par les dirigeants de la communauté juive en Palestine mandataire, par le biais de l'Agence juive.

Le plan a été rejeté par les dirigeants de la communauté arabe, y compris le Haut Comité arabe, qui fut appuyé dans son rejet du plan par les États de la Ligue arabe.

Les dirigeants arabes qui s’opposaient au plan de partage revendiquaient l’ensemble du territoire et soutenaient qu'il était une violation du droit de la majorité des habitants de la Palestine mandataire, qui à l’époque était composée selon les historiens défendant la thèse du mouvement arabe palestinien, de 65% d'arabes (1 200 000) et 35% de juifs (650 000) principalement immigrés d’Europe depuis la fin du xixe siècle et première moitié du xxe siècle.

Le rejet du plan de partage voté par l'ONU le 29 novembre 1947 a mené à la Guerre de Palestine de 1948 qui a débuté au lendemain du vote.

En 2011, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré que le refus arabe d'accepter la décision de partition était « une erreur qu'il essaie de corriger.

Contexte historique

À la fin du XIXe siècle, se structure un nationalisme juif, le sionisme, qui soutient la création d'un État-nation juif en Palestine qu'il définit comme « Terre d'Israël ».

En 1917, les Britanniques, par l’intermédiaire de la Déclaration Balfour, se déclarent en faveur de l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif.

En 1920 la Société des Nations donne aux Britanniques mandat en Palestine.

En 1919 est signé l'Accord Fayçal-Weizmann en tant qu'élément de la Conférence de paix de Paris.

Cet accord prévoyait l’établissement d'une coopération judéo-arabe pour le développement d'une patrie juive et d'une nation arabe en Palestine.

Dans la même année se tient à Jérusalem le Congrès de la Palestine arabe qui exige l'annulation de la déclaration de Balfour et l'inclusion de la Palestine comme partie intégrante du gouvernement arabe indépendant de la Syrie et rejette le sionisme tout en acceptant l'aide britannique sous condition de ne pas empiéter sur la souveraineté arabe en Palestine envisagée en tant qu'élément d'un État syrien indépendant.

Une organisation arabe palestinienne, Al-Fida’iyya (les auto-sacrifiés), dont la mission était de provoquer des émeutes et d'appeler à la révolte contre les britanniques et les juifs voit le jour.

La population arabe du pays s’oppose au projet.

Des émeutes sont régulièrement organisées dans toute la Palestine dès 1919.

En avril 1920, des émeutes à Jérusalem font une dizaine de morts et près de 250 blessés à la veille de la Conférence de San Remo qui doit avaliser le mandat.

Le roi Fayçal tente, sans succès, de prendre le contrôle de la Syrie pour y intégrer la Palestine comme province.

Des émeutes se propagent dans plusieurs agglomérations juives, les plus meurtrières éclatent à Jérusalem en 1920 et à Jaffa en 1921, ce qui amène au durcissement des dispositions de la déclaration Balfour sur l'immigration juive, afin d'apaiser la population arabe; elles sont ensuite suspendues par Herbert Samuel, le Haut-Commissaire britannique en Palestine qui décréta l’état d'urgence13, et nomma Mohammed Amin al-Husseini comme Grand Mufti de Jérusalem.

Dès 1920, Mohammed Amin al-Husseini devient l'un des principaux leaders du nationalisme palestinien ayant pour but la création d'un État arabe palestinien indépendant; il s'oppose activement au sionisme et est considéré comme l'instigateur de 1921 à 1937 des émeutes violentes en réaction au projet de l’établissement d'un « Foyer juif » en Palestine dont le massacre d'Hébron en 1929.

Il est réputé antisémite.

En 1937, alors qu'il est recherché par la police britannique pour son rôle dans ces émeutes il s'enfuit en Syrie.

En 1941, il se réfugie en Allemagne nazie et demande à Hitler de lui apporter son soutien contre la création d'un Foyer juif.

En 1925, Izz al-Din al-Qassam, né en Syrie, prône la lutte armée comme action politique, en 1930 il fonde une organisation paramilitaire.

La main noire qui se lance dans des attaques contre les juifs et les britanniques, prêchant la violence politique d'inspiration religieuse, le Jihad et l'anti-sionisme.

En 1935 est fondé le Parti arabe palestinien créé par la famille Al-Husseini.

L'opposition arabe palestinienne culmine avec la Grande Révolte de 1936-1939. Menée par les nationalistes palestiniens, elle s’oppose à la fois à la présence juive et britannique en Palestine et aux hommes politiques palestiniens se revendiquant d’un nationalisme panarabiste.

Le 18 février 1947, les Britanniques annoncent l’abandon de leur mandat sur la région et transfèrent la responsabilité sur la Palestine mandataire à l’ONU.

Propositions antérieures de partition

En 1937, la Commission Peel propose que la Palestine mandataire soit divisée en un petit État juif sur 15 % du territoire total , un grand État arabe et une zone internationale.

Les dirigeants arabes rejettent ce plan, tandis que l'Agence Juive conteste les frontières établies par ce plan et propose la mise en place de dispositions visant à relocaliser la population arabe en dehors des frontières de ce petit État sur le modèle de l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie du Traité de Lausanne , cette proposition est également rejetée par les dirigeants arabes.

En 1938 la Commission Woodhead examine plusieurs plans supplémentaires de partition sans succès, ce qui amène le gouvernement britannique à déclarer que « les difficultés politiques, administratives et financières résultantes de la proposition de créer deux États indépendants arabe et juif à l'intérieur de la Palestine mandataire sont si grandes qu'une solution du problème est impossible ».

En 1939 le gouvernement britannique dirigé par Neville Chamberlain abandonne les propositions de la Commission Peel en faveur d'un Livre blanc prônant la création d'une Palestine indépendante régie par les Arabes palestiniens et les Juifs en proportion de leur nombre dans la population en 1939 (section I).

Une limite de 75 000 immigrants juifs a été fixée pour une période de cinq ans, 1940-1944. Après cette période, la poursuite de l'immigration juive devra être soumise à l'autorisation de la majorité arabe (section II). Des restrictions sont également mises en place concernant les droits des Juifs d'acheter des terres aux Arabes (section III)28.

Création du plan

Le 14 février 1947, le gouvernement britannique de Clement Attlee, ne parvenant plus à maintenir l’ordre en Palestine et sortant ruiné de la Seconde Guerre mondiale, décide de remettre son mandat aux Nations-unies29. Ces dernières, qui ont succédé à la Société des Nations, vont tenter de résoudre le conflit entre Juifs et Arabes sur la « question de la Palestine ».

L’ONU désigne le 13 mai 1947 les membres d’un comité, l’UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), composé de représentants de 11 États (Australie, Canada, Guatemala,Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie).

Dans un souci de neutralité, aucune des grandes puissances de l’époque ne fut représentée. Ces dernières ne sont pas pour autant indifférentes au débat qui s'ouvre et le 14 mai Andreï Gromyko, ministre des Affaires Étrangères de l'URSS, fait une déclaration qui prend au dépourvu les participants.

Jusque là, les soviétiques sur la question de la Palestine soutenaient une position anti-britannique et pro-arabe. Là, le représentant soviétique reconnait le droit des juifs à l'autodétermination et suggère, au cas où la solution d'un État unifié serait impraticable, d'avoir recours à la partition.

Les travaux du comité, sous la présidence d'Emil Sandström, débutent durant l'été par un voyage de cinq semaines en Palestine. Ayant mis à sa disposition trois officiels de haut rang, dont Abba Eban, l'Agence juive s'assure qu'il soit chaudement accueillis lors de ses déplacements et que ses membres soient mis en contact avec des colons parlant leurs langues maternelles (suédois, espagnol, persan…).

À l'inverse, le Haut Comité Arabe annonce qu'il boycottera le comité qui est accueilli par une journée de gréve générale. Sur le terrain, tout est fait pour faire obstacle à son travail d'enquête. Ainsi lors de son déplacement à Rama, en Galilée, le village a été vidé de ses habitants et ils sont reçus par une délégation d'enfants qui les maudissent. L'impression laissée est peu favorable aux arabes et Nasrollah Entezam, ancien ministre des affaires étrangères d'Iran, repartira en disant à son assistant : "Quels imbéciles ces arabes. Le pays est si beau et, s'il était donné aux juifs, il pourrait être développé et transformé à l'image de l'Europe"31.

Positions des parties

Article détaillé : Protagonistes de la Guerre de Palestine de 1948.

La position de l’Agence juive est qu’il faut établir un « État juif » en Palestine mandataire et y permettre l’émigration libre, en particulier pour les personnes déplacées juives de la Seconde Guerre mondiale.

Elle est prête à accepter un partage du pays (comme proposé dans le Plan Peel de 1937) mais refuse le projet de cantonisation qui ferait du pays une fédération (comme proposé par le Plan Morrisson-Grady). L’Agence juive promet de respecter les droits de la minorité arabe. Elle ne réclame pas son transfert du futur « État juif » (comme proposé dans le Plan Peel, et défendu en coulisse par Chaim Weizmann [réf. nécessaire]) mais est consciente du problème qu’une trop forte minorité arabe ferait peser sur le caractère juif de l’État.

L’Agence juive base ses revendications sur la Déclaration Balfour de 1917 et sur les termes du Mandat britannique.

Les représentants arabes palestiniens refusent de prendre part une fois de plus à des débats sur la question. Le retour d’Hajj Amin al-Husseini à la tête du Haut Comité arabe a radicalisé leur position et les modérés sont mis en minorité. Ils ne reconnaissent pas le droit aux Nations unies de trancher la question. Ils revendiquent la fin de l’immigration juive et l’indépendance de la Palestine en tant qu’État arabe tout en garantissant que la minorité juive sera protégée, du moins celle des descendants des Juifs établis avant le début de l’immigration sioniste. Ils se basent sur le Livre blanc de 1939 qui avait limité l’immigration juive et leur promettait l’indépendance dans un délai de dix ans.

Les Britanniques ont tout essayé pour concilier les points de vue et sont divisés sur la question. Ils veulent d’une solution qui tiennent à la fois compte des promesses faites aux parties (Déclaration Balfour ; Accord avec les Hachémites ; Livres blancs) et de leurs intérêts stratégiques dans la région (la montée nationaliste arabe accroît l’hostilité à leur égard dans une région qui est la première source d’approvisionnement en pétrole et qui se situe en première ligne face aux Soviétiques à l’aube de la Guerre froide ; ils ne peuvent se permettre d’augmenter les tensions avec ces derniers).

Ils ne peuvent pas négliger non plus les pressions du gouvernement américain qui appelle à l’ouverture de la Palestine à l’immigration juive et qui soutient la relance de l’économie britannique endettée par la guerre.

Mais ils ne peuvent plus assumer les coûts financiers et humains de la gestion de la situation (100 000 soldats britanniques sont stationnés en Palestine, soit 10 % de leurs effectifs totaux et les attentats de l’Irgoun et du Lehi font de nombreuses victimes parmi leurs hommes et ils ne peuvent, pour des raisons morales, les réprimer comme le demandent leurs militaires sur le terrain de la même manière qu’ils le firent envers les Arabes lors de leur révolte dix ans plus tôt).

Ils ont remis le dossier à l’ONU dans l’espoir que les opinions publiques prennent conscience de l’impasse du dossier mais suite à l’échec de cette stratégie, ils annoncent qu’ils n’estiment pas devoir se soumettre à ses décisions et qu’ils n’approuveront qu’une solution qui soit acceptée par toutes les parties.

Rapport de l'UNSCOP

Après étude du dossier, l’UNSCOP dégage deux options. La première est la création d’un État juif et d’un État arabe indépendants, avec la ville de Jérusalem placée sous contrôle international. La seconde consiste en la création d’un seul État fédéral, contenant à la fois un État juif et un État arabe.

À la majorité, l’UNSCOP adopta la première solution, bien que plusieurs membres se fussent prononcés en faveur de la seconde option ; l’Australie quant à elle, ne put se décider entre ces deux propositions. L’Assemblée générale des Nations unies accepta à une large majorité la proposition de l’UNSCOP, mais apporta quelques modifications au tracé des frontières séparant les deux États.

Partage des terres

Selon le Plan de Partage, l’État juif comprenait la plaine côtière, qui s’étend de Haïfa à Rehovot, l’est de la Galilée et le désert du Negev, incluant l’avant-poste de Umm Rashrash au sud (maintenant appelé Eilat).

L’État arabe devait recevoir l’ouest de la Galilée, avec la ville d’Acre, les monts de Judée et Samarie (correspondants une zone plus large que ce qu’on appelle aujourd’hui Cisjordanie), et le sud de la côte, s’étendant du nord de Majdal (maintenant Ashkelon), et comprenant l’actuelle Bande de Gaza, avec une partie du désert le long de la frontière égyptienne. La ville de Jaffa à population majoritairement arabe, au sud de Tel Aviv, devait initialement faire partie de l’État juif. Elle fut finalement comprise dans l’État arabe avant que le Plan de partage ne soit adopté par l’ONU, formant ainsi une enclave.

Partage des populations

Au moment du plan de partage, la population totale de Palestine est composée pour deux tiers d’Arabes et un tiers de Juifs.

La population juive représentée par le Yishouv (mot hébreu désignant la population juive de Palestine avant 1948) possède 7 % de la propriété foncière.

L’État juif proposé regrouperait une majorité de Juifs (558 000 pour 405 000 Arabes). 10 000 Juifs seraient alors dans l’État arabe. Celui-ci serait par conséquent peuplé à 99 % d’Arabes, avec une communauté de 804 000 habitants.

La zone internationale centrée sur Jérusalem, compterait 100 000 Juifs pour 105 000 Arabes.

2 % des Juifs, soit 10 000 personnes, ne se retrouveraient ni dans l’État juif ni dans la zone internationale de Jérusalem. 31 % des Arabes, soit405 000 personnes, ne seraient ni dans l’État arabe ni à Jérusalem.

L’État juif proposé est sensiblement plus grand (55 %) que l’État arabe, mais une très grande partie est occupée par le désert du Neguev (40 %).

Réactions

Réactions arabes

La très grande majorité des Arabes palestiniens et des États arabes furent opposés à ce plan qu’ils trouvèrent injuste car allant à l’encontre de la volonté des populations locales.

Depuis 1920, ils réclamaient la fin de l’immigration juive et l’indépendance de la Palestine, au mieux en tant qu’État multi-confessionnel dans laquelle les populations juives jouiraient d’une autonomie plus ou moins importante et dont les droits seraient protégés. Ils estiment que les Arabes de Palestine n’ont pas à payer pour un crime commis à l’encontre des Juifs par les nations européennes.

Ils estiment également cette décision illégale car allant à l’encontre du Livre blanc britannique de 1939. Ils craignent également que les sionistes chassent les populations arabes car le projet ne peut s’accommoder d’une minorité arabe trop importante dans un État juif. L’évocation de leur nécessaire transfert, volontaire ou forcé, a été faite à plusieurs reprises les années précédentes.

Si officiellement il rejette le plan de Partage, le roi Abdallah de Transjordanie le soutient et a œuvré en coulisse à sa mise en place. Il a notamment négocié avec les autorités sionistes de ne pas s’opposer à la mise en place de l’État juif et de ne pas intervenir militairement contre eux si en contre-partie ces derniers le soutiennent dans son plan d’annexion de l’État arabe, dans son combat contre leur ennemi commun, Hajj Amin al-Husseini et dans ses ambitions de former une Grande Syrie.

Le plan est cependant rejeté par les pays de la Ligue Arabe.

Son secrétaire, Abd al-Rahman Azzam Pacha, affirme : « Le temps n’est plus aux discours et aux paroles. C’est une question de vie ou de mort. » Le monde arabe appelle à la guerre, comme en témoigne le quotidien nationaliste égyptien Balagh : « L’heure de la lutte a sonné. […] L’ONU ne saurait contraindre 80 millionsd’Arabes et 400 millions de musulmans à accepter un projet qu’ils rejettent. » De plus, d’autres questions, telles celles de plusieurs décennies de domination et de colonisation, attisaient les foudres et le radicalisme du monde arabe face à la surdité et au manque de considération des Occidentaux dans les processus de décisions à caractère international. Le plan de partage était de trop. Ikhwan al-Mouslimoun (la confrérie des Frères Musulmans) ira jusqu’à prédire : « l’étincelle qui mettra le feu à la Troisième Guerre mondiale jaillira de Palestine ».

Le 28 octobre 2011, lors d'une interview télévisée accordée à une chaîne de télévision israélienne33,34, le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré que « le rejet du plan de partition de 1947 était une erreur, l'erreur du monde arabe dans son ensemble », ajoutant « mais est-ce qu'ils [les Israéliens] nous punissent de cette erreur soixante-quatre ans plus tard ? ».

Réactions juives

L’Agence juive, organe politique officiel représentant les Juifs de Palestine, a fortement milité pour le Plan de Partage et le vote des Nations-unies est accueilli avec joie et réjouissances.

Bien que conscients des menaces qui pèsent sur sa mise en place, l’établissement d’un État juif soutenu par la légitimité d’une reconnaissance internationale est une avancée majeure dans le projet sioniste. L’indépendance et l’autonomie vont de plus mettre fin aux quotas d’immigration imposés par le Livre blanc depuis 1939 et permettre l’explosion démographique indispensable à la viabilité de l’État et à sa défense.

Les mouvements sionistes de droite, l’Irgoun et le Lehi critiquent toutefois vigoureusement le partage.

Ils revendiquent l’ensemble de la Palestine en ce y compris la Transjordanie pour y fonder un État juif. Ils refusent également que Jérusalem soit placée sous juridiction internationale. Depuis 1944, ils mènent une lutte armée sur fond d’attentats, d’assassinats et d’enlèvement contre les Britanniques et les Arabes et annoncent qu’ils vont continuer celle-ci.

Certains mouvements sionistes libéraux menés par Magnes ne s’opposent pas au partage mais lui auraient préféré le plan minoritaire visant à la mise en place d’un État binational fonctionnant sous la forme d’une fédération et où les droits de tous auraient pu être respectés.

La majorité des Juifs sionistes se réjouissent cependant d’obtenir enfin un État indépendant.

En France, le soutien de ce plan par l’Alliance israélite universelle, antisioniste avant-guerre, fut acquis de justesse, et non sans tergiversations.

Texte de la Résolution 181

Résolution 181 sur le site de l’ONU

Article détaillé : Accord Sykes-Picot.

Adoption du texte

L’UNSCOP remet officiellement ses conclusions à la mi-septembre. Tandis que l’Agence juive en accepte les conclusions comme base de discussion, l’Irgoun et le Haut Comité arabe les rejettent. Les Britanniques confirment leur volonté de remettre le mandat et les États-Unis et l’Union soviétique soutiennent le plan.

Un comité est créé à l’ONU pour continuer les travaux et des modifications sont apportées au projet initial : les villes arabes de Jaffa et Beersheba sont retirées de l’État juif pour diminuer l’ampleur de sa minorité arabe qui passe ainsi de 405 000 à 325 000 habitants et la date de fin du mandat est fixée à "au plus tard le 1er août".

Le 25 novembre 1947, la commission vote la mise à l’ordre du jour du plan avec 25 voix pour, 13 voix contre, 17 abstentions et 2 absents, le plan sera voté à l’Assemblée générale mais avec tel résultat, il manquerait une voix pour que la résolution soit acceptée.

La diplomatie, en particulier américaine, intervient. Des pressions sont exercées sur le Libéria et la France pour qu’ils votent en faveur du plan. D'après Dominique Vidal, on tente également de corrompre des délégués pour obtenir leur vote. L’ONU passe au vote quatre jours plus tard, le 29 novembre 1947 ;

L’Assemblée générale de l’ONU adopte, par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions, le plan de partage de la Palestine en deux États, l’un arabe, et l’autre juif — Jérusalem ayant un statut particulier sous l’égide de l’ONU.

La convergence entre les deux puissances (Russes et Américains) en conflit fait sensation. Les Arabes de Palestine et les gouvernements de tous les États arabes, refusent d’accepter les recommandations de la résolution 181, et font savoir qu’ils s’opposeront par la force à l’application de ces recommandations.

Positions soviétiques

Discours du représentant soviétique Semyon Tsarapkin :

" Les arguments historiques et juridiques ne peuvent pas et ne doivent pas être décisifs dans le règlement de la question palestinienne. Le problème a pour base essentielle le droit des populations juives et arabes de Palestine à décider de leur sort. Les souffrances subies par les Juifs au cours de la dernière guerre doivent constituer un élément important dans la décision de l’Assemblée. Les Juifs luttent pour un État qui leur soit propre, et il serait injuste de leur refuser le droit d’atteindre cet objectif."

L’URSS a appuyé la création d’Israël car elle « entrevoit une possibilité de pénétrer au Proche-Orient par la Palestine, à condition d’en chasser d’abord les Anglais ».

L’objectif est donc double : affaiblir les Britanniques dans la région, et essayer de faire basculer Israël dans le camp soviétique, en profitant de la domination de la gauche sur le mouvement sioniste, et de son alliance avec un parti « farouchement stalinien », le Mapam, second parti du pays après les élections de 1949.

Pour Ilan Pappé, l’objectif de chasser les Britanniques de la région aurait d’ailleurs été nettement dominant.

De son côté, si le mouvement sioniste se réjouit du soutien inattendu des Soviétiques (historiquement très antisionistes), David Ben Gourion n’envisage nullement une alliance préférentielle avec Moscou. Avant même le début des tensions, David Ben Gourion déclarait à l’ambassadeur américain James Grover McDonald nommé par Truman : « Israël salue le soutien russe aux Nations unies, mais ne tolérera pas de domination russe. Non seulement Israël est occidental dans son orientation, mais notre peuple est démocrate et réalise qu’il ne peut devenir fort et rester libre qu’à travers la coopération avec les États-Unis. Seul l’Occident lui-même, en humiliant Israël et en l’abandonnant aux Nations unies et ailleurs, pourrait s’aliéner notre peuple. »

De fait, dès l’automne 1950, les Soviétiques s’abstiennent dans une série de débats sur des incidents de frontières. Rapidement, « Israël est l’objet d’une violente campagne de presse », et les relations diplomatiques sont rompues, avant de reprendre, mais très froidement, après la mort de Staline (1953).

Le partage et la création des deux États (État juif, État arabe et zone de Jérusalem sous administration internationale), furent votés par 33 voix contre 13 avec 10 abstentions.

Ont voté pour :

États-Unis d’Amérique, Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, République socialiste soviétique de Biélorussie, Canada, Costa Rica, Danemark, République Dominicaine, Équateur, France, Guatemala, Haïti,Islande, Libéria, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou,Philippines, République populaire de Pologne, Suède, Tchécoslovaquie, République socialiste soviétique d’Ukraine, Union sud-africaine, URSS, Uruguay et Venezuela.

Ont voté contre :

Afghanistan, Arabie Saoudite, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Syrie,Turquie, et Yémen.

Se sont abstenus :

Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni, Yougoslavie.

Un coup d’État au Siam empêcha la délégation de ce pays de prendre part au vote.

Eurent pour mission de veiller à la transition sur le terrain :

Bolivie, Danemark, Panama, Philippines et Tchécoslovaquie.

La résolution 181 avait pour but la création de deux États :

  • un État juif de 14 000 km2 avec 558 000 Juifs et 405 000 Arabes ; formé de trois parties, la plaine côtière, le long de la frontière syrienne et le désert du Neguev.

  • un État arabe de 11 500 km2 avec 804 000 Arabes et 10 000 Juifs formé de quatre parties : une zone autour de la ville de Gaza, les montagnes de Judée et de Samarie, la majeure partie de la Galilée au Nord, ainsi que la ville de Jaffa ;

  • enfin, une zone sous régime international particulier comprenant les Lieux saints, Jérusalem et Bethléem avec 106 000 Arabes et 100 000 Juifs.

Malgré la volonté originale de créer deux États de taille semblable, l’ONU accorde aux sionistes 50 % de plus que le plan Peel de 1937 mais seuleument 10% des terres accordées dans le Livre blanc (Palestine) de Churchil. J

Conséquences du vote

La population juive accepta sans condition le plan de partage tandis que la population arabe et les dirigeants des pays voisins le rejettent. David Ben Gourion proclame le 14 mai 1948 l’établissement d’un État juif en terre d’Israël, l’État d’Israël. La conséquence immédiate en fut le déclenchement d’une guerre civile en Palestine suivie de la guerre israélo-arabe de 1948.

Histoire

Le conflit s'est développé au cours de plusieurs périodes distinctes :

Avant 1917, la Palestine est sous l'autorité de l'empire ottoman. Les populations chrétienne et musulmane qui y vivent ne se définissent qu'en termes de communautés religieuses et ne manifestent pas de sentiment national. La population juive est divisée en deux communautés : l'Ancien Yishouv c'est-à-dire la communauté établie de longue date en Palestine, et le nouveau Yichouv composé de Juifs établis depuis quelques dizaines d'années au plus en Palestine et motivés principalement par le sionisme, mouvement formalisé par Theodor Herzl dans son ouvrageDer Judenstaat.

En 1917, les Britanniques conquièrent la Palestine qu'ils administrent officiellement à partir de 1920 dans le cadre d'un mandat atttribué par la Société des Nations.

De 1920 à 1948, le Royaume-Uni exerce son mandat sur la Palestine. Des conflits éclatent entre Arabes et Juifs, mais aussi entre ces populations et les autorités britanniques.

De 1948 à 1967, le territoire de la Palestine mandataire est désormais administré en 3 entités distinctes : l'État d'Israël né en 1948, la bande de Gaza sous le contrôle de la République arabe d'Égypte, et la Cisjordanie annexée en 1950 par le Royaume hachémite de Transjordanie indépendant depuis 1946.

De 1967 à 1993, l'issue de la Guerre des Six Jours met les populations de Cisjordanie et de Gaza sous administration israélienne. Le sentiment national palestinien s'exprime par la voie terroriste de l'OLP.

De 1993 à 2000, le Processus d'Oslo conduit à la reconnaissance de l'État d'Israël par l'OLP, et établit une Autorité intérimaire palestinienne.

Depuis 2000, la Seconde Intifada marque le blocage du processus de paix israélo-palestinien. La bande de Gaza, d'où Israël s'est retiré en 2005, est dirigée par le mouvement de résistance le Hamas, qui en a pris le contrôle par la force en juin 2007.

Fin du XIXème siècle-1920 : origines du conflit

Les racines du conflit se trouvent, dans le contexte mondial d'exacerbation des nationalismes européens et d'affaiblissement de l'empire ottoman, dans l'opposition progressive des objectifs du Sionisme en Europe et du nationalisme arabe au Proche-Orient.

Le Sionisme naît comme une réponse au sentiment antisémite qui s'est développé au cours du xixe siècle, en Europe et en Russie. Theodor Herzl, journaliste dans l'empire austro-hongrois, publie en 1896 Der Judenstaat (l'État des Juifs), manifeste fondateur du sionisme politique. Pour lui, l'antisémitisme étant inéluctable, il est nécessaire pour sa survie que le peuple juif se penche politiquement sur son avenir national en disposant de sa propre terre sous la forme d'un foyer juif.

La population juive n'est pas unanime sur cette position, jusqu'à la Shoah. Les critiques des milieux laïcs, assimilés, portent sur la localisation de ce foyer national juif en Palestine ottomane, mais aussi sur Jérusalem qu'ils conçoivent davantage comme un centre culturel que comme un centre politique. Enfin, le sionisme risquerait de banaliser le peuple juif, en mettant l'accent sur le politique plutôt que sur le côté religieux.

L'Organisation sioniste mondiale est créée en 1897 à Bâle, où le mouvement sioniste tient son premier congrès et élit Herzl à sa tête.

Sa mission définie est de préparer, pour le peuple juif, unfoyer en Palestine, région historique de la Terre d'Israël. Pour cela, l'OSM rachète des terres en Palestine et promeut l'immigration et le sentiment national afin de renforcer la présence juive sur le territoire. Elle met en place un ensemble d'institutions qui viseront à constituer un État de fait, un précédent favorable pour la réalisation d'objectifs nationaux juifs.

Herzl et le mouvement sioniste s'engagent dans un travail diplomatique. Herzl engage des négociations avec le sultan, mais c'est un échec.

Il se tourne alors vers le Royaume-Uni pour une colonie juive dans le Sinaï ou en Ouganda ; c'est aussi un échec tout en marquant un pas en avant, car la démarche du mouvement sioniste semble être reconnue par ses interlocuteurs malgré les hésitations des grandes puissances et une hostilité de l'Église catholique.

Dans le même temps, les premières grandes vagues d'immigration juive commencent en Palestine, et s'accélèrent avec les nouveaux pogroms à Kichinev, en 1903 et 1905, qui amènent quelques dizaines de milliers d'immigrants d'Europe orientale sur la Palestine.

Parallèlement à ce succès relatif de l'immigration juive en Palestine, des centaines de milliers de Juifs émigrent vers les États-Unis. Les sionistes restent minoritaires au sein du peuple juif, où les orthodoxes, coalisés dans l'Agoudat Israel, s'opposent très vivement à eux1. C'est aussi durant cette période qu'apparaissent les premiers signes d'opposition arabe au mouvement sioniste : en 1891, des notables hiérosolymitains protestent contre la vente de terre aux Juifs ; en 1908, sont fondés les premiers journaux nationalistes arabes Al-Karmel et Falistin.

À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée entre 56 000 personnes et 82 000 personnes et la population arabe(musulman,juif, chrétiens et autres) à plus de 600 000 personnes. En 1914, alors que commence la Première Guerre mondiale qui mettra fin à l'empire ottoman, la Palestine compte 690 000 habitants, dont 94 000 sont juifs.

En 1914, l'empire ottoman est allié aux empires centraux. Les Français et les Anglais cherchent à profiter d'une défaite "turque" pour se partager la région. L'influence britannique s'affirme de plus en plus au Moyen-Orient : le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d'un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés.

En mai 1916, le Royaume-Uni passe l'accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d'influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Jordanie (Transjordanie etPalestine mandataire) à la zone d'influence britannique.

Ces accords n'empêchent pas les Anglais de promettre non seulement un royaume indépendant aux Arabes, mais aussi la création d'un « foyer national » aux Juifs,en Jordanie (Palestine mandataire et Transjordanie).

Malgré la neutralité proclamée des sionistes dans le conflit, Chaïm Weizmann et Zeev Jabotinsky sont les seuls à deviner que la guerre va radicalement changer les choses. Weizmann, chimiste et dirigeant du mouvement sioniste, se consacre à la diplomatie et convainc les Anglais de créer un régiment juif (la légion juive) dans l'armée Anglaise, le 23 août 1917, qui regroupera 800 hommes et qui sera envoyé en Palestine en février 19187.

Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique, inspiré par Weizmann, apporte un soutien considérable au mouvement sioniste en proclamant la déclaration Balfour, selon laquelle il envisage favorablement l'établissement d'un foyer national juif en Palestine, tout en affirmant qu'il ne doit pas porter préjudice aux droits civils et religieux des populations non juives existantes. Cette déclaration a une portée internationale et attire la bienveillance des populations juives des pays alliés. Chaim Weizmann participe aussi à la préparation de la conférence de la paix à Paris et il y signe, en 1919, un accord avec Fayçal, futur roi d'Irak.

Les Arabes s'opposent à ces prises de position britanniques.

La Première Guerre mondiale bouleverse la géographie du Moyen-Orient. Le Royaume-Uni prend pied dans le Moyen-Orient et étend son influence.

La Société des Nations entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l'établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique (sorte de tutelle du Royaume-Uni sur ces territoires) mis en place sur la Palestine, terme englobant à l'époque les territoires transjordaniens de l'autre côté du Jourdain.

Le Royaume-Uni contente la famille hachémite avec la création rapide d'un royaume musulman en Transjordanie, sur la partie orientale de la Palestine, ce qui réduit le territoire destiné au foyer national juif.

1920-1948: Mandat britannique sur la Palestine

Les tensions entre communautés juives et arabes s'accroissent à partir de 1920, à la suite de l'augmentation de l'immigration juive et arabe.

À partir de 1921, cette opposition arabe est incarnée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini.

Les premières émeutes anti-sionistes se produisent aux mois de mars et avril 1920 à Jérusalem, puis en mai 1921 à Jaffa et contre des établissements agricoles. Ces émeutes font plus d'une centaine de morts juifs et sont attribuées par la commission Haycraft nommée par les Britanniques à la colère arabe contre l'immigration juive.

Cela débouche sur la publication du premier Livre blanc, dit le livre blanc Churchill, visant à rassurer les Arabes, en limitant l'immigration juive. Mais ces émeutes débouchent aussi sur la création des unités de défense juive, la Haganah, à partir des unités de l'organisation Hashomer.

Des motivations religieuses sont à l'origine d'affrontements autour du Kotel à Jérusalem en 1929 et amène à l'aggravation brutale de la situation avec de violentes émeutes antijuives à Hébron,Jérusalem et Safed, qui font près de 150 victimes juives. Pour la première fois depuis l'époque des Croisés, les Juifs sont tués à Hébron, leur seconde ville sainte. Le quartier juif de Hébron est détruit.

De nouveau, les Anglais nomment une commission d'enquête qui tend à dédouaner le grand mufti de Jérusalem de ses responsabilités et qui aboutit à un second livre blanc restreignant les acquisitions foncières et l'immigration juive.

Chaïm Weizmann obtient dès 1931 la quasi-annulation de ce livre blanc, ce qui va entraîner la confrontation directe des Arabes et des Anglais.

Pendant ce temps, la population arabe palestinienne s'organise. En 1928, on assiste à une institutionnalisation des revendications par des comités de grève (car une part importante de la population travaille dans des entreprises sionistes).

Ils revendiquent l'indépendance de la Palestine. Les Arabes palestiniens constituent le 25 octobre 1936 le Haut Comité arabe, sous la direction du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, pour faire face à l'agence juive. En 1936, c'est la grande révolte arabe en Palestine, finalement écrasée en 1939. Le développement du peuplement juif en est une des causes importantes. Alors qu'au début du XIXe, il y avait 1 Juif pour 10 musulmans, en 1947, il y en aura 1 pour 2.

Les Anglais répondent militairement en augmentant le nombre de policiers et politiquement par une nouvelle commission d'enquête, sous la direction de Lord William Peel, qui propose un premier partage de la Palestine : une région juive (la Galilée et partie de la plaine côtière), une région arabe (Judée-Samarie et Néguev) et une région sous contrôle britannique (Jérusalem).

Les Juifs espérent l'améliorer. Le Haut Comité arabe le rejette totalement, mais l'émir Abdallah de Transjordanie l'accepte.

Après l'assassinat du commissaire régional britannique en Galilée, la répression anti-arabe par les Anglais est très dure, le Haut Comité arabe dissous et Amin al-Husseini exilé.

En 1939, devant les menaces de guerre avec l'Allemagne, les Anglais veulent éviter l'instabilité et que les Arabes ne rejoignent les forces de l'Axe.

Ils ont également besoin de s'assurer le soutien du monde arabe (et de son pétrole), qui risque autrement de s'allier avec Hitler.

Ils publient en mai 1939 un troisième Livre blanc qui réduit drastiquement l'immigration juive en Palestine (10 000 visas par an pendant 5 ans et 25 000 visas de réfugiés et, de fait, seuls 15 000 immigrants arrivent en Palestine de 1939 à 1945).

Ce livre blanc est refusé par les institutions sionistes.

L’antisémitisme, de plus en plus manifeste en Europe, conduit à l'émergence d'une politique d'immigration illégale à partir de 1939. Cependant, la majorité des sionistes de Palestine se range loyalement aux côtés des Britanniques contre le IIIe Reich au cours de la guerre.

Aussi, à la déclaration de guerre, Ben Gourion peut-il déclarer : « Nous ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait pas ».

De leur côté, les "Arabes" acceptent les termes de ce livre blanc. Le 28 novembre 1941, Hitler et le grand mufti de Jérusalem se rencontrent à Berlin. En mai 1942, le congrès sioniste de Baltimore adopte un programme qui revendique en vain la formation d'un État juif sur toute la Palestine, avec une immigration illimitée et la création d'une armée juive.

Malgré les souhaits d'une commission d'enquête anglo-américaine d'accorder 100 000 visas pour la Palestine pour résoudre le problème des réfugiés, les Anglais interdisent toute immigration légale et la Haganah se consacre à favoriser l'immigration clandestine et 70 000 illégaux peuvent rejoindre, depuis l'Europe, la Palestine.

En 1944, des actions armées contre les Britanniques sont organisées par l'Irgoun et le Lehi. En 1945, la pression s'accentue, pour permettre l'accueil en Palestine des rescapés des camps de concentration nazis. Le Royaume-Uni s'y oppose. La Haganah lance à son tour des actions armées contre le Royaume-Uni. La découverte de l'Holocauste (ou Shoah) provoque un courant de sympathie pour la cause sioniste. L'affaire de l'Exodus 1947, où 4 500 réfugiés se voient contraints de retourner en Allemagne avec des morts a son bord, bouleverse l'opinion mondiale.

En mai 1946, le Royaume-Uni abandonne sa tentative de trouver une solution, ne voulant pas imposer une solution aux 2 parties.

La Grande-Bretagne confie alors le dossier à l'Organisation des Nations unies qui, avec le soutien conjoint des États-Unis et de l'Union soviétique (aux États-Unis, le Président Truman considère que le réservoir des votes juifs peut lui être politiquement utile.

L'Union soviétique considère le sionisme comme un moyen de chasser le Royaume-Uni du Moyen-Orient) et malgré l'opposition de tous les pays arabes, votent le plan de partage de la Palestine, le 30 novembre 1947, ce qui provoque des manifestations de joie de la part des Juifs et de colère de la part des Arabes musulmans. Ce plan de partage divise la Palestine en trois secteurs, l'un arabe, l'autre juif et le troisième, la ville de Jérusalem, international. Les dirigeants palestiniens et les pays arabes refusent ce Plan et annoncent qu'ils s'y opposeront par les armes.

Déclaration de l'indépendance d'Israël le 14 mai 1948

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël, immédiatement attaqué par les États arabes voisins.

1948-1967: Conflit entre Israël et ses voisins.

Guerre israélo-arabe de 1948-1949, Exode palestinien de 1948, Réfugiés juifs des pays arabes et Guerre des Six Jours.

1964

Fondation de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui décide l'intensification de la lutte des Palestiniens contre Israël.

1967

Guerre des Six Jours. « Réunification » de Jérusalem.

L'Égypte obtient le retrait des troupes de l'ONU en mai 1967, remilitarise le Sinaï et ferme le détroit de Tiran, passage-clef du transport maritime israélien.

Le 15 mai 1967, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957.

Le 5 juin 1967, devant l'imminence d'une attaque arabe préparée et les bombardements syriens réguliers depuis le plateau du Golan depuis début 1967, Israël lance une offensive préventive éclair contre l'Égypte, menée par le général Moshe Dayan (voir : Guerre des Six Jours) et appelle la Transjordanie à rester neutre.

La Jordanie refuse et attaque Israël avec l'artillerie lourde sur Jérusalem-ouest et la région de Tel Aviv. Le 8 juin, Israël vainc l'armée jordanienne et conquiert la Cisjordanie. Les Syriens continuent de bombarder les habitations, les vergers et les silos agricoles israéliens depuis le plateau du Golan ; en réponse le 9 juin, Israël attaque les Syriens sur le Golan.

Les aviations égyptiennes, jordaniennes et syriennes sont détruites en une journée. Au terme d'une guerre-éclair de six jours, Israël conquiert laCisjordanie, la bande de Gaza, le Golan (y compris la zone des fermes de Chebaa), la péninsule du Sinaï et Jérusalem-Est.

Le 22 novembre 1967, adoption de la résolution 242 (1967) du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution stipule le retrait des forces armées israéliennes « des territoires occupés » (dans sa version en français) ou « from occupied territories » (c'est-à-dire « de territoires occupés », dans sa version en anglais) au cours du récent conflit.

La fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, dégagées de toute menace ou tout acte de violence. D'apporter une juste solution au problème des réfugiés. De garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, à travers diverses mesures telles que l'établissement de zones démilitarisées.

#HistoiredIsraël #Dates #GéopolitiqueIsraël

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